Mois: novembre 2015

spleen

Ce matin tout est gris, dehors comme dedans le ciel s’invite en ouate entre les toits mon âme opaque ne veut pas se lever le brouillard confus rend trainant D’où me vient cette langueur dans le jour naissant je fouille à tâtons mon mélo intime obscur sous mes paupières lourdes je reste aveugle à mon sentiment, et le couvre en hâte de coquetterie froissée. La ville mêle sa mine de béton dans une barbe brume mon gris se noie dedans, aucune issue, pas d’horizon le volute nous absorbe et digère nos gargouillis je cogne ma roue et ma peur sourde dans le bitume les chauffeurs agglutinent leurs stress en files pressées Spleen Une feuille tombe et dans sa chute raconte l’automne pointue elle fend l’air vers le bas légère dans sa pesanteur sa mort est de saison Et puis… l’astre puissant s’invite lentement par le fond diffuse ce je ne sais quoi qui soulage et adoucit à travers les feuilles et les arbres ce rai de travers qui fait miel de mon noir la lumière.